Kazan - Partie V

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Bill

Kazan - Partie V

Messagepar Bill » ven. nov. 30, 2007 12:38 am

V. Rues Boutliérov, Tolstoï, Gorki


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Revenons sur nos pas vers le square Tolstoï au milieu duquel figure un buste du grand écrivain par le sculpteur V.B. Pintchouk, monument érigé en 1949 (памятник Л.Н.Толстому в сквере ул. Толстого). La famille Tolstoï avait déménagé à Kazan en 1841 alors que le jeune Lev Nikolaïévitch (Толстой Лев Николаевич, 1828-1910) avait 13 ans (les Tolstoï avaient depuis longtemps des attaches familiales ici puisque le grand-père et l'arrière-grand-père de Lev avaient été gouverneurs de Kazan et de Sviajsk et son père y avait passé une partie de sa jeunesse). En 1844, l'adolescent (ainsi que ses frères) entra à l'Université impériale où il étudia d'abord la philosophie et les langues orientales avant de se diriger vers la faculté de droit qu'il n'acheva pas. Au printemps 1847, il remit sa démission de l'Université « pour raisons de santé et affaires de famille » et repartit dans le domaine familial de Iasnaïa Poliana, au sud de Moscou, avec l'intention d'y achever des études par correspondance. Un musée consacré aux années que Lev Tolstoï passa à Kazan devrait s'ouvrir dans la maison des Gortalov où s'installa initialement la famille de l'écrivain, au n° 15 de la rue Iapéïev (Казанский Музей Л.Н.Толстого). Par ailleurs, ce monument n'a pas été placé là par hasard : à proximité se trouve la maison Kissélievski (au n° 25 de la rue Tolstoï) ou Lev Tolstoï, alors étudiant à la faculté des langues orientales puis de droit, vécut deux années.


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Au bout de la rue Gorki, rue parallèle à la rue Karl Marx, près d'un square, on peut voir ce buste de l'écrivain soviétique Alexis Maximovitch Gorki (de son vrai nom Pechkov, 1868-1936) réalisé en 1950 par le sculpteur M.K. Anikouchine (памятник-бюст Максиму Горькому, ул. Горького). Cette sculpture, déplacée en 1999 vers la faculté d'histoire de l'Université de pédagogie (l'ancien bâtiment des Cours supérieurs pour femmes), se trouvait auparavant près du jardin Liadski, toujours rue Gorki, à l'emplacement de l'actuel monument au poète Derjavine détruit en 1932 et reconstitué en 2003. A noter que l'écrivain, né à Nijni-Novgorod, possède son musée à Kazan depuis 1940, au n° 10 de cette rue (Литературно-мемориальный музей А.М. Горького). Gorki vécut de 1884 à 1888 à Kazan où il s'essaya à divers petits métiers (manutentionnaire au port fluvial, apprenti chez un boulanger, balayeur municipal, jardinier...) alors qu'il avait initialement l'intention de s'inscrire aux cours de l'Université impériale. Autodidacte, il mettra à profit ces années difficiles pour lui pour réfléchir au sens à donner à sa vie et à ses recherches idéologiques (il fait même une tentative de suicide en décembre 1887). Gorki dira plus tard « si je suis physiquement né à Nijni-Novgorod, mon esprit s'est quant à lui formé à Kazan ».

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Maxime Gorki et Fiodor Chaliapine, dans les années 1900.


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C'est au milieu d'un petit square de la rue Volkov qu'a été inauguré en août 2005 le monument en mémoire de Vladimir M. Bekhtériev (Владимир Михайлович Бехтерев, 1857-1927). Ce buste en bronze du grand médecin psychiatre, neurologue et neurophysiologiste -- une oeuvre de l'architecte G. Bakouline et du sculpteur M. Gassimov -- a été placé en face de l'hôpital psychiatrique de la ville, qui porte d'ailleurs son nom (памятник-бюст В.М. Бехтереву в сквере по улице Волкова).

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Vladimir M. Bekhtériev en 1912 à l'Académie militaire impériale de médecine et inauguration du monument en août 2005 (photo © Resp. Tatarstan/A. Nassyrov).

Né dans le village de Sarali dans le district d'Elabouga de la province du Tatarstan (depuis renommé Bekhtériévo en son honneur), Bekhtériev fit ses études supérieures à l'Académie médicale de Saint-Pétersbourg où il obtint son doctorat en 1881 avec une thèse consacrée aux relations possibles entre la température corporelle et certaines maladies mentales. Il fut élevé la même année au grade de Privatdozent de neurologie et de psychiatrie et se vit accorder une bourse d'études et de recherches à l'étranger. Il se rendit d'abord à à Leipzig où il collabora avec le physiologiste Wilhelm Wundt, le fondateur de la psychologie expérimentale et avec le neurologue Paul Flechsig. Il rendit ensuite visite à Theodor Meynert à Vienne, puis alla travailler à Berlin chez Karl Westphal et Emil du Bois-Reymond et reçut enfin à Paris l'enseignement de Charcot. Après ce long voyage d'étude européen, il devint professeur de psychiatrie à l'université de Kazan et revint par la suite à l'Académie médicale de Saint-Pétersbourg où il fut nommé en 1908 directeur de l'Institut de psycho-neurologie, qui a par la suite été renommé en son honneur. Vladimir Bekhtériev mourut empoisonné à Moscou en 1927 à l'âge de 70 ans. On se demande s’il n’a pas été assassiné sur l'ordre de Staline après avoir diagnostiqué chez lui une paranoïa sévère deux jours plus tôt. Quelques années plus tard le procureur en chef de Staline, Andreï Vychinsky, donna à un tribunal l’ordre de condamner à mort le fils de Bekhtériev et d'envoyer sa famille dans un camp. [d'après Wikipédia]

Bekhtériev est connu pour avoir créé le premier laboratoire de psychophysiologie en Russie. Ses recherches en neurobiologie ont principalement porté sur l'anatomie du cerveau et les réflexes conditionnels. Il fut l'un des principaux partisans de la théorie du comportement. Indépendamment de Pavlov il développa une théorie du réflexe conditionnel, après avoir étudié aussi bien les réflexes innés que les réflexes acquis. Il a pour la première fois donné une description complète du système des liaisons nerveuses colonne vertébrale – cortex cérébral, décrit une dizaine de formes de maladies neurologiques (dont la spondylarthrite ankylosante parfois appelée « maladie de Bekhtériev »), ouvert la voie aux études cliniques en psychopathie et hypnose, avoir introduit une méthode de traitement de l'alcoolisme. En Russie, Bekhtériev est considéré comme le fondateur de la neurochirurgie, de la sexo-pathologie, de la médecine du travail et des maladies professionnelles.

2007 fut l'année du 150e anniversaire de la naissance de l'homme de science et académicien. De nombreuses commémorations et inaugurations sont prévues à Kazan et dans d'autres villes (un nouveau monument, dû aux sculpteurs moscovites A. Golovatchev et V. Demtchenko, a ainsi été dévoilé en février 2007 à Elabouga où un musée doit également voir le jour).


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Au carrefour des rues Nourachov et Boutliérov, le bâtiment principal de l'université de médecine de Kazan (Казанский государственный медицинский университет – КГМУ, ул. Бутлерова, 49) bâti en 1959 par l'architecte M. Iglamov. Si la branche de la médecine de l'Université impériale de Kazan existait depuis 1804, la faculté des sciences médicales a quant à elle été créée en 1814. Son histoire est riche en noms de grands savants, de brillants cliniciens, de pédagogues et d'hommes publiques réputés. Durant la première moitié du XIXe siècle y enseignèrent les professeurs K. Fuchs (1776-1846), F. Erdman, I. Brown, N. Skandovski, E. Aristov. En 1837 fut construit l'amphithéâtre d'anatomie, chef-d'oeuvre du classicisme tardif et, quelques années plus tard, les bâtiments des cliniques spécialisées (1840). Kazan est, avec Saint-Pétersbourg et Moscou, la troisième ville russe à avoir créé une école supérieure de médecine. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, furent ouverts le laboratoire de physiologie (1858), l'Institut de bactériologie (1899), de nouvelles cliniques et une église (1900), le tout conçu selon le modèle des cités universitaires européennes. Au XIXe siècle, cette université était la seule à former les médecins pour les pays de la Volga, l'Oural et la Sibérie. On retiendra quelques personnalités qui figurent au panthéon de la médecine russe : l'anatomiste P. Lesgaft (1837-1909), l'histologiste K. Arnstein, le physiologue N. Mislavski (1854-1929), les pathologistes V. Pachoutine et A. Ado, les médecins généralistes N. Vinogradov, S. Zimnitski et A. Teregoulov, les chirurgiens F. Yélavitch (1808-1888), V. Razoumovski (1857-1935) et N. Vichnievski (1874-1948), l'obstétricien-gynécologue S. Grouzdev (1866-1938), l'ophtalmologue F. Adamiouk (1839-1906)... tous grands spécialistes dans leurs domaines et fondateurs d'écoles réputées. A l'époque soviétique, la faculté de médecine deviendra une institution indépendante à laquelle seront rattachées successivement les facultés de médecine ambulatoire (1917), d'hygiène et de santé publique (1930), de pédiatrie (1932), de stomatologie (1954) et de pharmacie (1975). L'Institut de médecine de Kazan a formé 27 académiciens et membres correspondants de l'Académie des Sciences. Dans les années 1990, de nouvelles spécialités sont introduites, notamment dans le domaine social, du management et de la formation des aides-soignants, et, en 1994, l'Institut de médecine devient une université rattachée au ministère de la santé publique de la Fédération de Russie. De nos jours, l'ensemble universitaire, riche de quelques 200 ans d'histoire, regroupe de nombreuses filières d'études scientifiques (7 facultés, 25 spécialités médicales), laboratoires de recherche, cliniques et bâtiments hospitaliers, ainsi que 8 musées.


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Derrière le corpus principal de l'université de médecine, entre les rues Boutliérov, Tolstoï et Nourachov, se trouve un ensemble de corps de bâtiments à un ou deux étages construits en brique au tournant des XIXe/XXe siècles (1896-1901) sur un projet de l'architecte moscovite K.M. Bykovski dans le style des petites cités universitaires européennes de l'époque et destinés alors à regrouper plusieurs cliniques rattachées à l'Institut de médecine. Au milieu de cet ensemble architectural unique en partie restauré en 2004-2005, accolée au bâtiment de la maternité n° 3 à laquelle elle est reliée par un passage, on peut voir depuis la rue Boutliérov cette église sans clocher édifiée en 1903 par P.M. Souchentsov et consacrée en l'honneur du thaumaturge et évêque de Kazan saint-Varsonofy (icône ci-contre), né vers 1495 et mort en 1576, fondateur en 1557 du monastère de la Transfiguration-du-Sauveur dans le kremlin (fermé en 1918 et démoli peu de temps après). Par ses formes stylisées, l'édifice emprunte quelques caractéristiques architecturales aux églises russes anciennes (les arcatures des fenêtres, les zakomary trilobés, la nef carrée) et la combinaison de la brique rouge et du plâtrage gris est ici unique (домовая церковь клинического городка КГМУ / храм, освященный в честь епископа Святителя Варсонофия Казанского Чудотворца / клиника им. Вишневского, больничный комплекс, ул. Бутлерова, 47). Le bâtiment n'a toujours pas été récupéré par l'Eglise et sert actuellement de local de service, d'archives et de toilettes (!) pour l'université de médecine.

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L'ancienne église Saint-Varsonofy photographiée en janvier 2006. (photo © Malevolent)


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Devant le bâtiment de la maternité, à l'angle des rues Boutliérov et Tolstoï, a été dévoilé en 1973 ce buste en granit réalisé par le sculpteur V.I. Rogojine en l'honneur du grand chirurgien et académicien Alexandre V. Vichnievski (памятник-бюст ученому-медику и хирургу, члену Академии медицинских наук СССP А.В. Вишневскому, ул. Толстого, 2). Alexandre Vichnievski ou Vishnevsky (Вишневский Александр Васильевич, 1874-1948), né au Daghestan, fit ses études supérieures à l'université de médecine de Kazan et travailla ici pendant près de 30 ans en tant que spécialiste de la chirurgie des voies biliaires, du système urinaire, du thorax, en neurochirurgie et traumatismes de guerre (c'est à Kazan qu'il mit au point sa célèbre technique d'anesthésie locale utilisant la Novocaïne ; on lui doit aussi l'huile balsamique utilisée comme traitement antiseptique appelée « onguent de Vichnievski »). Il fut nommé à Moscou en 1934 directeur de la clinique de chirurgie de l'Institut central de perfectionnement des médecins et de l'Institut soviétique de médecine expérimentale. En 1946, il était à la tête du nouvel Institut de chirurgie de l'Académie de médecine de l'URSS (qui porta son nom dès l'année de son décès en 1948). Son fils, Alexandre Alexandrovitch (1906-1975), également diplômé de l'université de Kazan (1929), fut aussi un prééminent médecin militaire (chirurgien-en-chef dans l'Armée Rouge).

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Alexandre V. Vichnievski et son équipe lors d'une intervention chirurgicale, années 1920 (photo musée d'histoire de l'Université d'état de Kazan).


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La Grand-rue centrale Lietskaïa (ou Liadskaïa) -- baptisée à l'origine du nom du major-général A.P. Lietski et plus tard renommée rue Gorki -- a été tracée entre le milieu du XIXe et le début du XXe siècle. Outre la remarquable Maison Kékine (voir plus loin), on peut y voir, au n° 17/19 qui fait l'angle avec la rue Gogol et face à l'une des entrées du jardin Liadski, l'ancienne maison du marchand Tchoukachov (бывший Дом Чукашева, ныне – аптека №14/Дом архитектора, ул. Горького, 19). Cette demeure à un étage a été construite dans le style baroque au décor pompeux en 1908 selon un projet de l'architecte K.S. Olechkévitch par l'ingénieur Pétrov. Sa composition asymétrique est caractéristique de l'architecture du début du XXe siècle. Au rez-de-chaussée se trouvait la pharmacie de Madame Julia Chvartsa (pharmacie n° 14 qui existe toujours) et à l'étage les pièces d'habitation (étage occupé de nos jours par la Maison de l'Architecte). Cet édifice a été rénové en 2004-2005. Il existe de nombreuses autres maisons et hôtels particuliers dans cette rue qui valent aussi le détour (ayant appartenu aux Sourine, Molotkov, Varaksine, Panaïev, Rodionov, Miloslavski – musée Gorki, etc.).


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Situé dans le centre, bordé par les rues Gorki, Gogol, Shchapov et Mouchtari, le jardin Liadski doit son nom au major-général A.P. Lietski dont la maison en bois, autrefois située à l'angle des rues Gorki et Gogol, accueillit en 1798 le tsar Paul Ier. Après son départ, l'empereur ordonna de renommer désormais la rue où il avait résidé du nom de son hôte, la rue Lietski, que les kazantsi transformèrent en Liadski. Ainsi fut également nommé le parc situé face à la maison du général (alors située en périphérie de la ville) qui fut essentiellement aménagé en 1869-1870. En son centre figurait une fontaine avec une sculpture en bronze d'une jeune femme portant un pot, fontaine remplacée lors de travaux menés dans les années 1970 avec l'installation d'un globe et de sculptures abstraites. La dernière restructuration du jardin date de 2003 avec un nouveau tracé des allées entre les pins, la pose de nouveaux bancs, la suppression de la fontaine centrale (remplacée – temporairement ? – par un immense parterre de fleurs) et la mise en place du monument à l'homme d'Etat et grand poète du Siècle des Lumières né à Kazan, le chantre du classicisme russe dans la tradition de Lomonossov et Soumarokov, G.R. Derjavine (Derjavine), près de l'entrée donnant rue Gorki (памятник Г. Державину у входа Лядского сада, ул. Горького).

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Le jeune Alexandre Pouchkine en train de réciter l'un de ses poèmes au lycée de Tsarskoïé Siélo, à Saint-Pétersbourg, devant le vieillissant Gabriel Derjavine (Ilia Répine, 1911).

Le monument à G.R. Derjavine (Державин Гаврила Pоманович, 1743-1816), visible ci-dessus, occupe l'emplacement de l'ancien buste de Maxime Gorki qui avait ici trouvé sa place entre 1950 et 1999 (depuis déménagé au bout de la rue -- voir précédemment). Le premier monument en l'honneur de Derjavine avait été moulé en bronze sur un projet de K.A. Ton et S.I. Goldberg et inauguré en 1847 dans la cour de l'Université impériale de Kazan. Il fut déplacé en 1870 sur la place en face à l'ancien théâtre municipal (de nos jours place de la Liberté). En 1932, le pouvoir soviétique décidait, pour des raisons obscures ou peut-être parce que le monument gênerait la construction du nouveau théâtre d'opéra-ballet (le théâtre national académique M. Djalil achevé en 1956) sa destruction pure et simple. En 2000, l'administration locale décida la reconstruction à l'identique de l'ancien monument datant du XIXe siècle et confia la réalisation à l'architecte R. Nourgaléïéva et au sculpteur M. Gassimov. Le poète natif de Kazan est donc représenté assis sur une pierre, la tête nue, vêtu d'une simple toge romaine et en sandales. Gavrila Romanovitch vient d'avoir une inspiration : il lève la tête qui, l'instant d'avant, était encore posée sur sa main droite, alors que sa main gauche touche la lyre. Sur le piédestal, un bas-relief le représente en train de déclamer « Félitsa » (ode écrite en 1782 à la gloire de la monarchie de Catherine II) entouré de grâces nues qui l'écoutent avec attention. Au revers, les figures du Jour et de la Nuit. De l'autre côté, un second bas-relief représente l'Instruction combattant l'Ignorance.

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Le premier monument à G. Derjavine inauguré en 1847 dans la cour de l'Université impériale, face à l'amphithéâtre d'anatomie.

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Le premier monument à G. Derjavine déplacé en 1870 devant l'ancien théâtre municipal (tous deux disparus). A droite, le bas-relief de l'ode « Félitsa » sur le piédestal du monument à Derjavine (photo tatcenter.ru).


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En descendant la rue Gorki vers la rue Pouchkine, on ne tarde pas à arriver à une fourche dont l'angle est occupé par un bâtiment fort intéressant. Mais d'abord, à main droite, entre les arbres, au n° 13, on peut apercevoir cet édifice à la façade blanche et bleu-vert qui n'est autre que le théâtre national tatar d'art dramatique et de comédie Karim Tintchourine (Татарский государственный театр драмы и комедии им. Карима Тинчурина, ул. Горького, 13). Ce théâtre a été créé en 1933 à la suite du premier congrès des ouvriers-batteurs des kolkhozes agricoles d'URSS et à l'initiative personnelle de K. Tintchourine comme une filiale du grand théâtre national académique tatar. Il s'est fixé dans ce bâtiment (un ancien hôtel particulier avant la révolution, reconstruit par l'architecte F.R. Amlong en 1912) en 1989 et délivre des cours de comédie aux jeunes artistes depuis 1993. On y donne désormais des spectacles tatars bien sûr (drames et comédies musicales, opérettes...), mais aussi des pièces d'auteurs étrangers (comédies de Molière, tragédies de Brecht...) et sa réputation dépasse largement le cadre de la république. [Note : un incendie a gravement endommagé une partie de ce bâtiment en février 2006].

Un petit musée consacré au grand compositeur tatar Salikh Z. Saïdachev (1900-1954), ouvert en 1993, se trouve également à cette adresse, un peu plus haut dans la rue (музей С. Сайдашева в Казани).


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Presque en face du théâtre, de l'autre côté de la rue Gorki, au croisement avec la rue Zhoukov, ce magnifique immeuble en angle (avec la rue Galaktionov) n'est autre que la célèbre Maison Kékine, exemple typique de belle maison de rapport construite au début du XXe siècle (le chantier, achevé en 1905 en quelques mois seulement, fonctionna 24 heures sur 24, éclairé la nuit grâce à la nouvelle fée électricité, une première pour l'époque) selon un projet de l'architecte Heinrich B. Rouch -- celui-là même qui érigea le Passage Alexandrov rue du Kremlin ou le haut clocher de l'église de l'Epiphanie rue Baouman -- pour le richissime marchand Léonce V. Kékine dont le père possédait d'ailleurs à l'époque deux autres maisons rues Bolchaïa Liadskaïa et Malaïa Liadskaïa (actuellement sises n° 15 et 3 rue Gorki) (бывший доходный дом Кекина, ул. Горького, 8/9).

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La Maison Kékine, à l'angle des rues Bolchaïa Liadskaïa (Gorki) et Malaïa Liadskaïa (Galaktionov) au début du XXe siècle et en 2004.

Il semblerait qu'avec cette réalisation originale bâtie en brique à l'emplacement de l'ancienne distillerie Sanine, l'architecte (décédé en août 1905 peu après la fin des travaux) se soit fait un plaisir de mélanger fantaisie et humour, de mêler styles occidentaux et orientaux, de confondre modernisme et éclectisme -- sans nul doute en accord avec les caprices de son client. La façade du bâtiment à trois étages est surchargée d'éléments décoratifs aux motifs gothiques avec de nombreux balcons aux formes originales, des demi-colonnes de différents ordres, des arcatures et des chambranles de fenêtre variant selon les étages.

Classée sur la liste des monuments de l'héritage historique et culturel fédéral depuis 1995, la Maison Kékine impose une certaine curiosité de par son volume et l'originalité de sa construction. Avant la révolution d'Octobre, l'immeuble hébergeait plusieurs écoles, des administrations, des commerces (dont la fameuse épicerie du sieur Afanassiev -- l'Elisséïev local), une imprimerie. Nationalisé à l'époque soviétique, ses étages furent occupés par des logements et le rez-de-chaussée par une cantine et une coopérative. L'immeuble a été entièrement restauré (pour ne pas dire reconstruit, tant extérieurement qu'intérieurement) en 2000-2004 par un groupe privé qui en a fait l'acquisition et abrite actuellement bureaux et centre d'affaire dans les étages, ainsi qu'un restaurant « Tinkoff » au rez-de-chaussée (bar à bières, cuisines européenne et japonaise), une agence bancaire, etc.

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A suivre Kazan - Partie VI
http://www.vivreenrussie.net/forum/viewtopic.php?t=8346

Britt's Mpls

Messagepar Britt's Mpls » ven. nov. 30, 2007 9:06 am

Je crois que mes projets de prochains week-end sont tout traçés... Merci Bill. :P

vernon
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Messagepar vernon » ven. avr. 10, 2009 4:39 pm

même si comme je le vois je ne suis pas une pionnière à kazan j'y vais c'est décidé, nous patons demain pour un week-end entre filles qui s'annonce génial, déjà parce que dans trois mois chacune de nous sera à un endroit différent du globe puis aussi parce que je fais enfin voir autre chose que samara (j'aime hein mais bon la ville quand on vient du fin fond du vercors ...) alors voilà on se fait un petit périple en voiture, ça va être sympa il ne devrait pas pleuvoir, et nous allons traverser des étendues de verdures (oui oui je suis en manque de campagne, ça arrive lol)
merci bill pour les photos je sais déjà ce que je ne dois absolument pas louper.
Sinon si certains y sont, ce week end c le festival de théatre en langue française et j'y retrouve mes élèves, allez les jeunes on croise les doigts! vous êtes sur-entrainés moi j'y crois!!!!

Nikolia
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Re: Kazan - Partie V

Messagepar Nikolia » mar. juil. 27, 2010 9:56 am

J'imagine que les Français sont plus vers moscou ou peter :) mais y'en a t il qui vivent a Kazan ?

Esperanza

Re: Kazan - Partie V

Messagepar Esperanza » mar. juil. 27, 2010 1:04 pm

Bien sur, et voici une preuve: :)

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La ville est magnifique - il y a des Francais et d'autres etrangers. Certes, moins qu'a Moscou et a St. Pet, mais c'est logique.

Diver

Re: Kazan - Partie V

Messagepar Diver » mar. juil. 27, 2010 3:23 pm

Esperanza a écrit :Bien sur, et voici une preuve: :)

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Une preuve, une preuve.... C'est peut-être juste une voiture volée à Marseille! :weedman:

Nikolia
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Re: Kazan - Partie V

Messagepar Nikolia » jeu. juil. 29, 2010 11:16 pm

Notre appartement est pas très loin du karlston, shmidta str :)
vous voyez ou c'est ?

Esperanza

Re: Kazan - Partie V

Messagepar Esperanza » jeu. août 12, 2010 6:13 pm

Non, je ne suis pas de Kazan moi-meme:)


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