Novossibirsk (Partie VI)

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Novossibirsk (Partie VI)

Messagepar Bill » mar. janv. 22, 2008 12:04 am

VI. De la place Lénine à la place Karl Marx, de la rive droite à la rive gauche du fleuve Ob


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Image A l'angle des rues Maxime Gorki et Kamienskaïa se trouve la cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur du diocèse catholique de Novossibirsk (Кафедральный собор Преображения Господня — главный храм Преображенской епархии Pимско-католической Церкви, ул. Горького, 100).

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L'église catholique Saint-Casimir photographiée entre 1906 et 1916 (démolie dans les années 1960)

La communauté catholique de Novossibirsk (alors Novonikolaïevsk) comptait près de 4000 fidèles en 1902 et c'est pour cette communauté que fut bâtie une première chapelle bientôt remplacée par une autre église en pierre, Saint-Casimir, terminée en 1910. Cette église fut fermée dans les années 1930 puis démolie dans les années 1960 pour faire place au magasin TSOUM. Sans lieu de prière, les catholiques se réunissaient alors en cachette dans des maisons. Parce que, dans les années 1980, le père Joseph Svidnitski avait entrepris de construire, dans une ruelle du bourg, la chapelle de la Conception de la Vierge Marie, il fut condamné à 2 ans et demi de prison. Ce sont ses paroissiens qui achèveront la chapelle visible de nos jours. Avec la réhabilitation de la religion au début des années 1990, la construction d'une église dans le centre ville tant réclamée par le père-franciscain Saül était enfin, non sans mal, autorisée. Sa construction démarra sur un terrain de 2000 m2 situé le long de la rue Maxime Gorki en 1992 et l'édifice fut définitivement achevé et consacré en août 1997 en présence des plus hautes autorités religieuses et civiles. Et comme Novossibirsk avait été choisie par l'Église catholique et apostolique romaine comme centre administratif pour la partie asiatique de la Russie, ici devait résider l'évêque, et donc l'église reçut le statut de cathédrale.

L'architecte a choisi d'attribuer à la cathédrale un style où se mêlent les formes romanes et gothiques d'Europe occidentale. Les murs sont en brique rouge. Sur la façade ouest, la symétrie est assurée par trois ouvertures en forme d'arche dont la partie supérieure rappelle le style roman. L'entrée principale se fait par le portail central, surmonté d'une croix sur le toit et orné d'un vitrail. Les fenêtres des portails latéraux plus petits éclairent quant à elles les balcons et l'escalier. Si le plan du bâtiment est simple (un rectangle de 24 mètres sur 15), son volume est agréablement rythmé par une succession de trois toitures dont les pentes s'élèvent progressivement. La différence de niveau a permis de loger de grandes ouvertures éclairant l'espace intérieur. La toiture la plus élevée, dont le sommet pointu domine à 20 mètres de hauteur au-dessus de l'autel, évoque les édifices gothiques de l'époque moyenâgeuse. Les trois toitures évoquent également les évangiles et plus spécialement cet épisode de la Transfiguration du Christ pour laquelle la cathédrale a été consacrée [Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie — Matthieu 17, 4]. Les trois toits symbolisent ces trois tentes : le plus bas se trouve au-dessus du narthex où se trouve l'orgue, les chœurs et le confessionnal autour duquel deux escaliers conduisent à la crypte où se trouve une chapelle de rite oriental ; le médian recouvre la salle de réunion des fidèles, symbolisant la protection divine ; le troisième et le plus élevé, positionné au-dessus de l'autel et de la chaire, symbolise l'élévation de la prière, le sacrifice rédempteur du Christ et la célébration de l'eucharistie.

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L'intérieur de la cathédrale de la Transfiguration (photo http://www.nskcathedral.ru)

A côté de la cathédrale se trouve le bâtiment de la gestion diocésaine qui abrite aussi une bibliothèque et des salles pour la catéchèse. Une galerie couverte, destinée aux processions les jours de fête, entoure l'enceinte. Des tourelles ont été disposées sur trois de ses angles : leurs cloches battent le rappel des fidèles le jour de messe, à midi et lors de la prière traditionnelle. A noter également une horloge à carillon au-dessus du portail central.


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(ajout 07/08)

Imposant immeuble de bureaux de 4 étages au n° 31 de la rue Serebrennikovskaïa (Alexandrovskaïa avant la Révolution), en face du bâtiment de la régie du métro de Novossibirsk (n° 34 — au rez-de-chaussée se trouve un restaurant asiatique), datant des années 1930.

La rue Serebrennikovskaïa croise l'avenue d'Octobre, large artère qui démarre de Krasnyi prospekt au niveau de la chapelle Saint-Nicolas et s'achève sur le pont qui franchit le ravin autrefois creusée par la petite rivière Kamienka, cours d'eau canalisé depuis la fin des années 1960 en souterrain par deux collecteurs placés à 20 mètres de profondeur (au-delà, c'est la rue Kirov). Au carrefour, un square où se situe le le théâtre « Globus » et une grande fontaine musicale.


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La photographie ci-dessus a été prise (à l'automne 2006) depuis le square situé à côté de la grande fontaine musicale qui jouxte le théâtre « Globus » en regardant vers l'avenue d'Octobre, en direction de la place Lénine. On reconnaît, dans le fond à droite, le haut immeuble moderne d'habitation et de bureaux aux tours jumelles et aux vitrages bleus qui domine le centre ville (au n° 50 de la rue Kommounistitcheskaïa, 21 étages, 88 mètres de haut, achevé en 2003) et affublé de nombreux sobriquets (dont celui de « Batman »). Au centre et à l'arrière-plan, un autre immeuble très récent (architecte A. Skorobogatko) qui, avec ses 12 étages et ses 65 mètres de haut, s'impose au n° 20 de la rue Serebrennikovskaïa : c'est le siège de la branche régionale de la plus importante banque russe, la Sberbank, depuis 2006. Enfin, au premier plan, la carcasse d'un curieuse sphère qui, une fois entièrement vitrée et équipée (ci-dessous), hébergera bientôt un bar/restaurant à sushi appartenant à la société locale Ioutland (21-этажный жилой дом по ул. Коммунистическая, 50 + 12-этажное здание Сибирского банка Сбербанк Pоссии, Серебренниковская, 20 + ресторан компаний «Ютлэнд» в шарообразном павильоне у театра «Глобус»).

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La « sphère » à côté de la fontaine musicale, dans le parc du théâtre « Globus » (photo © 2007 Alex_A_W). Cette fontaine, placée dans une vasque de 24 m de diamètre et due à l'architecte L. Grigoriev, a été inaugurée en 1993, pour le centenaire de la ville

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(ajout 07/08)
Toujours prise dans le parc derrière le théâtre de la jeunesse « Globus », ces vues montrent à gauche la sphère du bar/restaurant à sushi et, à droite, outre les bâtiments précédemment cités — dont l'immeuble de la Sberbank qui domine la place — le monument élevé en mémoire du célèbre poète-chanteur (barde) et acteur Vladimir Vyssotski (ancien mari de l'actrice française Marina Vlady) accompagné de sa guitare (памятник Владимиру Высоцкому у театра «Глобус»).


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La fontaine musicale (поющий фонтан) et ses jets éclairés par des projecteurs multicolores est une réalisation de l'architecte L. Grigoriev inaugurée en 1993, pour le centenaire de la ville (photo © 2005 igMarx)

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La fontaine musicale avec vues sur l'immeuble de la Sberbank et l'hôtel "Hilton" (ajout 07/08)


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Un détail du « banc des amoureux » qui orne le petit square situé près du théâtre « Globus » («Скамейка для влюбленных» в сквере перед театром «Глобус»). Avec ses feuilles de métal rouge cuivré, la sculpture ressemble de loin à une sorte de bouquet de fleurs. Remarquer le petit oiseau sur e dossier du banc. Sur le panneau métallique, on peut lire ce jour-là un message écrit au feutre : « Tout passe, tout change, et ton soleil d'hier est devenu aujourd'hui quelqu'un d'autre pour toi... Tristesse et mélancolie... 06.10.2006. Il n'y a pas deux soleils. »


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(ajout 07/08)

L'inauguration du monument à Vyssotski qui orne le square, tout près de la grande fontaine musicale - une idée lancée à l'initiative d'Anatoly Oleïnikov, président du mémorial Vyssotski et directeur d'une usine locale - eut lieu le 25 juillet 2005, jour-anniversaire de la mort de Vyssotski en 1980 (à l'âge de 42 ans). C'est une oeuvre du sculpteur russo-hollandais Alexandre Taratynov. Pour la petite histoire, Taratynov était déjà l'auteur d'une sculpture identique de Vyssotski installée en 2004 à Podgorica, capitale du Monténégro (un cadeau de Moscou), donc ce clone (à quelques détails près) n'est pas une véritable nouveauté.

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A gauche, Vladimir Vyssotski à Iaroslavl, février 1979 (photo S. Metelitsa) ; à droite, sa statue en bronze à Novossibirsk (photo © 2005 Beerkoff)

L'artiste a représenté le poète et musicien pieds et torse nus, vêtu d'un jean, tenant sa guitare dans la main droite. Ce bronze de 3 mètres de haut, moulé à Moscou, repose sur un haut piédestal de 4 mètres en marbre blanc de Chine dont une face est ornée, en lettres rouges disposées en diagonale, de ces mots du poète : «Поэты ходят пятками по лезвию ножа / И режут в кровь свои босые души» (« Les poètes marchent toujours sur des larmes tranchantes et blessent jusqu'au sang leur cœur, leur âme nue ! »).

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Lors de l'inauguration, étaient présents le fils de Vladimir Vyssotski, Nikita, ainsi que le régisseur du théâtre moscovite de la Taganka où l'acteur avait maintes fois joué, Stanislas Govoroukhine et l'acteur Ivan Dykhovichny. Si Vladimir Vyssotski ne s'était, de son vivant, jamais rendu à Novossibirsk, il y aura toutefois passé quelques jours de sa vie embryonnaire... ses parents, Semion et Nina, ayant en effet vécu ici, en Sibérie, avant de rejoindre la capitale quelques mois avant la naissance du bébé : «Час зачатья я помню неточно, Видно, память моя однобока...» — « L'heure de ma conception, je l'oublie, C'est que j'ai la mémoire éborgnée... » (Ballade de l'enfance, 1975) chantait-il.


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Le monument à Vladimir Vyssotski a donc été dévoilé en 2005 juste en face du théâtre « Globus » (памятник В. Высоцкому на площади у здания Новосибирского академического молодежного театра «Глобус», ул. Каменская, 1). Ce théâtre a été tout spécialement bâti dans les années 1970 pour la troupe du « Tiouz » (le théâtre du Jeune Spectateur fondé en 1930 comme la branche sibérienne du Tiouz de Leningrad) qui y a emménagé seulement en 1984 suite à de nombreux retards dans la construction (le collectif était auparavant logé dans la « Maison de Lénine »). Le théâtre a été rebaptisé « Globus » à partir de 1993 et a reçu le statut d'académique en 1999. Le bâtiment, à l'architecture originale (et dont la toiture compliquée est soutenue par des câbles en acier), fut réalisé par A. Sabirov, M. Starodubov, V. Rozhdestvensky et G. Rodikov. Sa silhouette le fait ressembler, de loin, à un voilier avec ses fenêtres rondes en forme de hublots. A l'intérieur, la grande salle en d'amphithéâtre, peut abriter 1000 spectateurs. Le foyer, en forme de fer-à-cheval, embrasse la salle sur ses trois côtés. On peut également y admirer un remarquable haut-relief en bois représentant un navire à voile réalisé par le sculpteur Vladimir Sokol (1927-1990).

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L'avenue d'Octobre, dominée par l'immeuble de la Sberbank, et le pont routier qui franchit le ravin de l'ancienne rivière Kamienka, vus de nuit (photo © 2007 I. Loginovski)


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(ajout 07/08)

En poursuivant sur la rue Kirov, on peut apercevoir, un peu avant la station de métro "Oktiabrskaïa", érigé sur une zone dégagée sur la gauche de l'avenue, l'immeuble de l'Assemblée régionale de l'oblast de Novossibirsk (Новосибирский областной совет депутатов, Кирова, 3). Ce bâtiment a été construit dans les années 1970 (architectes V. Moïmanov et M. Pirogov) pour les différents comités des députés du PCUS qui étaient auparavant hébergés dans le bâtiment historique du Sibrevkom (qui sera alors donné à la Galerie de peinture - de nos jours le musée des Beaux-arts situé sur Krasnyi prospekt). Après l'effondrement de l'URSS, le bâtiment deviendra le Conseil régional des députés de l'oblast.


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Nous voici donc maintenant parvenus sur la berge du fleuve Ob, en rive droite. Devant nous, le pont routier qui relie la rue Voskhod (autrefois Souzinskaïa) à la place Lyshchinski (Коммунальный («Октябрьский») мост и метромост через Обь). Derrière, quasiment insoupçonnable ici si ce n'est par ses piles en forme de V, un deuxième pont, complètement couvert, par lequel transite en aérien le métro entre les stations Retchnoï vokzal (rive droite) et Stoudientcheskaïa (rive gauche).

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De l'autre côté de la rive du fleuve, en contrebas du pont d'Octobre, une grande plage très prisée l'été (ajout 07/08)

Le pont communal (dit « d'Octobre ») a été construit après-guerre, entre 1952 et 1955, selon un projet élaboré par l'ingénieur-constructeur G.D. Popov et l'architecte K.I. Yakovlev. Il est constitué de deux parties : un échangeur routier en rive droite à 4 volées (sous lequel passe la rue Bolchevistskaïa) et par le franchissement du fleuve avec 7 volées de 120 mètres de long chacune. Aux extrémités, en rive gauche le pont franchit une digue-remblai sur une longueur de 500 mètres et à une hauteur de plus de 5 mètres et, en rive droite, la voie ferrée qui longe le fleuve. Au total, l'ouvrage d'art fait 800 mètres au-dessus de l'eau et 1100 mètres au-dessus de la terre. La largeur du pont est de 24 mètres (il avait été prévu deux voies de circulation pour les tramways, deux voies pour les automobiles, et des trottoirs pour les piétons). Les voussoirs sont des poutres métalliques de section en double T (8 poutres sur la largeur) s'appuyant sur des arcs flexibles rivetés montés sur des ressorts et ancrés sur des piles en béton (recouvertes de granit gris de Sibérie au-dessus des berges). Le tablier est constituée par des dalles jointées en béton armé de 15 cm d'épaisseur, chacune pesant 3 tonnes, le tout recouvert d'asphalte au niveau de la chaussée. La mise en service du pont à partir de 1955 a progressivement complètement changé le développement du plan urbain (avec le tracé de larges avenues des deux côtés du fleuve et le déplacement du centre ville vers cet axe majeur) ainsi que le panorama le long des quais (transformés en partie en parc).

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Trois vues du pont routier et du pont du métro (photos © 2007 Amazonic)

Parallèle au pont précédent, le pont couvert du métro (le plus long du monde — 900 mètres sur sa partie métallique au-dessus du fleuve et deux parties bétonnées aux extrémités, dont une de plus d'un kilomètre en rive gauche, soit une longueur totale de 2145 mètres) a été inauguré en 1986. Ce pont possédait une galerie vitrée sur toute sa longueur qui permettait d'avoir une magnifique vue au-dessus du fleuve. Cependant, de nombreux passagers s'étant plaints à la municipalité que la vue de cette hauteur leur faisait peur, la galerie vitrée fut ultérieurement en grande partie remplacée par des panneaux métalliques. Il existe 2 ponts routiers qui franchissent l'Ob à Novossibirsk. Un troisième, de 2250 mètres de long, est en projet.

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Cette vue aérienne prise à 500 mètres d'altitude au-dessus de l'Ob à Novossibirsk montre les différentes ponts routiers et ferroviaires qui desservent les deux rives : le pont historique (reconstruit) du Transsibérien est au centre et les deux ponts mentionnés ci-dessus sont juste en amont — noter la plage en rive gauche (photo © 2007 V. Biriouk)

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Coucher de soleil depuis le quai en rive droite avec, le pont du métro, le pont routier et, au loin, le pont ferroviaire, ex-pont du Transsibérien (photo © 2007 G. Bogomolov)


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Un peu plus loin en rive droite, à 5 minutes à pied de la station de métro Retchnoï vokzal (unique en son genre car station couverte en partie aérienne et en partie souterraine) et en contrebas de l'immeuble à 11 étages du « River Park Ob Hotel », se trouve la gare fluviale et les bureaux (le long du quai, sur une plate-forme flottante) de la compagnie de navigation « Croisières fluviales » avec laquelle il est possible, à la belle saison, d'effectuer des excursions en bateau sur le fleuve — notamment vers l'île Korablik mais aussi vers des destinations plus lointaines — ou de réserver pour des banquets et autres fêtes sur l'eau (Pечной вокзал (ООО Pечные круизы), ул. Добролюбова, 2). Sur cette photographie, on peut voir, amarré à quai, le « Paris » (теплоход «Парис», ООО Парис Сервис) — qui appartient à une autre société —, un petit navire-hôtel de croisière qui fonctionne tous les jours de l'année 24 heures/24 et qui fait aussi office de bar, restaurant, billard, discothèque, salle de réunion et de conférence, sauna, mini-hôtel avec cabines de luxe... (pour une visite guidée, voir ici). L'hiver, lorsque la navigation n'est plus possible, le « Paris » reste amarré à quai.

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Deux vues du « Paris » amarré à quai devant la gare fluviale, la nuit et en hiver (photos © 2007 VK et Paris Service)


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La gare fluviale de Novossibirsk à la fin des années 1970 et une vue de l'incendie qui détruisit une grande partie du bâtiment en mars 2003

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Le « Paris » vu en juin 2005 amarré à quai devant la gare fluviale de Novossibirsk (en grande partie détruite et non reconstruite après l'incendie de 2003) — sur la droite, le bâtiment de l'hôtel « River Park Ob Hotel » (photo © 2005 A. Sosnina)

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Le « Paris » amarré à quai devant la gare fluviale vu en 2007 depuis les fenêtres du « River Park Ob Hotel » (photo © 2007 Bobrovskiy)

L'ensemble des bâtiments de la gare fluviale (bureaux, caisses, salles d'attente, cafés...), murs, accès, quai, amarrages avait été conçu tout au bout de la rue Dobrolioubov, dans les années 1960, par les architectes A. Volovik, I. Zakharov et M. Pirogov. Il devait alors s'inscrire naturellement dans le paysage des berges de l'Ob et utiliser au mieux le relief. Ces concepteurs avaient imaginé un long bâtiment, largement vitré sur sa façade donnant sur le fleuve et dont l'horizontalité était juste coupée par une tour faisant office de bureaux. Tout près de la gare, on éleva un hôtel de 11 étages et de 400 chambres. L'intérieur de la gare était orné d'oeuvres de Vladimir Sokol (dont le monumental panneau en mosaïque « la flore et la faune de Sibérie » exposé sur le mur du café). La gare fluviale entra en exploitation en 1974. Le bâtiment principal de la gare fut très abîmé par un grave incendie qui se déclara en mars 2003, heureusement sans faire de victimes, mais qui détruisit plus de la moitié du complexe. La partie touchée sera par la suite déblayée et nettoyée. En 2004, il fut décidé d'entreprendre la reconstruction totale de la gare fluviale (une filiale du port autonome de Novossibirsk qui a fêté ses 100 ans en 2007) en y intégrant un bâtiment de 14 étages mêlant bureaux et zone de loisirs. En raison de différends parmi les actionnaires, les travaux tardent à démarrer. A noter qu'il existe déjà un mini-parc d'attractions en extérieur sur la zone (fonctionne l'été). Il est également prévu, à l'horizon 2010 (?), de construire un nouvel ensemble immobilier à proximité.


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Nous avons maintenant franchi l'Ob et on se retrouve sur la rive gauche près de la place Lyshchinski. Sur cette vue, on peut voir, au premier plan, le long ruban du pont couvert (vitré dans sa partie aérienne au-dessus la berge) du métro (эстакада метро) et, juste derrière lui, le pont routier (Коммунальный («Октябрьский») мост). Dans le lointain, on aperçoit le pont ferroviaire et les immeubles du centre ville avec, reconnaissables, la coupole dorée de la cathédrale Alexandre Nevski qui marque le début de Krasnyi prospekt et, au-delà, le haut bâtiment aux vitres bleutées.

De la place Lyshchinski (métro Stoudientcheskaïa), si on emprunte la rue Némirovitch-Dantchenko, on tombe rapidement sur un parc d'attractions avec divers manèges. Sur le flanc de la colline, divers équipements rappellent qu'ici on peut, en hiver, faire du ski ou du snowboard (Сноуборд-парк «Горский») — il existe à Novossibirsk au moins quatre autres endroits pour faire du ski alpin. Certes, le dénivelé n'est pas très important (42 mètres) et la piste plutôt courte, mais avec un remonte-pente et l'éclairage en soirée, il y a tout de même de quoi s'amuser, notamment en snowboard (tremplins, half-pipe...). S'y déroulent d'ailleurs de temps à autre des compétitions sportives. Un lac se trouve en contrebas.

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Quelques vues en hiver du Snowboard Park « Gorskii » (© 2007 Mazzz et Snowboard Park « Gorskii »)


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La perspective Karl Marx (проспект Карла Маркса) est la large avenue tracée dans les années 1950 (baptisée du nom du fondateur du marxisme en 1956) qui va de la place Lyshchinski (dans le prolongement du pont routier) à la place du même nom où se trouvent notamment un grand marché et le Goum. Elle est desservie en métro par les stations Stoudientcheskaïa et Ploshchad Marksa. Sur une bonne partie de la rue, de chaque côté, ces barres d'immeubles typiques sont des khrouchtchiovki, petits immeubles économiques préfabriqués gris-parpaing de cinq étages, conçus et construits à la hâte dans les années 1960 à l'époque du premier secrétaire Nikita Khrouchtchev qui en avait été l'instigateur (d'où le nom de khrouchtchiovka). Ces immeubles étaient conçus pour une durée de vie de 25 ans, mais beaucoup (des millions à travers toute la Russie), sont toujours debout après bientôt 50 ans... A terme, tous ces logements devraient disparaître au profit de novonastroïki (constructions neuves). Au n° 20 de l'avenue, un peu en retrait et derrière un rideau d'arbres, se trouve les bâtiments de l'Université technique d'État de Novossibirsk (Новосибирский государственный технический университет (НГТУ), Карла Маркса, 20), d'où la présence de nombreux magasins, cafés, restaurants et autres fast-food le long de l'avenue.


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Le jeune Alexandre Pokrychkine représenté sur ce monument dévoilé en mai 2005, pour le 60e anniversaire de la Victoire, sur la place Karl Marx (photo de droite © 2005 I. Ivanenko)

Ce monument en l'honneur du pilote de chasse et trois fois décoré héros de l'Union soviétique Alexandre Ivanovitch Pokrychkine (1913-1985), futur général d'aviation — cf. les commentaires à propos du buste visible sur Krasnyi prospekt (partie I) — orne la place Karl Marx depuis mai 2005 (60e anniversaire de la Victoire). La statue en bronze reposant sur un haut piédestal, un monolithe en granite de six mètres de haut, est une réalisation du sculpteur M. Péréïaslavets et de l'architecte I. Bourik (памятник летчику-герою Советского Союза, маршалу авиации Александру Покрышкину на площади К. Маркса). Ce monument fait partie d'un futur musée-mémorial (cf. plan-maquette) en l'honneur du héros soviétique et de l'aviation militaire élevé à l'emplacement d'un ancien marché aux puces. Il est également prévu d'y installer les copies d'un Mig-3 et d'un Bell P-39 « Airacobra » (avion américain sur lequel volait le pilote de chasse).

A l'arrière-plan, avec ses vitrages bleutés, l'ancien Palais de la culture du nom de l'usine « Sibselmach » (Дворец культуры «Сибсельмаш») depuis racheté et en partie rénové par des investisseurs moscovites. Il est prévu d'installer sur ce site de 3 hectares, d'ici 2009, une grande salle de concert ainsi qu'un supermarché et diverses boutiques de mode, ainsi qu'un cinéma IMAX (торгово-развлекательный центр «Омега Plaza»).

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Tout autour de la place Karl Marx (parait-il la plus grande place urbaine au-delà de l'Oural, qui pourrait, d'ailleurs, un jour être rebaptisée), sur laquelle s'ouvre la station de métro du même nom (ouverte en 1991), de nouvelles constructions (centres commerciaux, bureaux, hôtels, logements) s'arrachent de terre à un rythme effréné ces dernières années. A vrai dire, toute cette zone est un gigantesque chantier qui préfigure un horizon totalement transformé d'ici peu.

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Panorama hivernal (décembre 2007) du site du mémorial à Pokrychkine et de l'ancien Palais de la culture « Sibselmach » en partie rénové et qui devrait bientôt être transformé en un vaste centre commercial et de loisirs — à l'extrême gauche, le Goum


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L'ancien Magasin Universel d'État ou Goum (ГУМ «Россия», пр К.Маркса, 1) — qui paraît ici encore plus gris sous un ciel gris... — fut en son temps la « Mecque » du commerce de détail de Novossibirsk (jusqu'à 60000 visiteurs par jour). C'est encore aujourd'hui l'un des plus courus. Commencé en 1974, le chantier de sa construction (architectes I. Grigoriev et N. Pétrakov, ingénieur M. Trékhtine) en rive gauche du centre ville, sur la place K. Marx (on retrouve ce modèle de bâtiment dans d'autres villes russes) ne s'achèvera qu'en 1988 avec son ouverture officielle (17000 m2 dont 6400 réservés à la vente). Édifice à 4 étages avec deux tours accolées pour les cages d'escalier. Ce fut le premier magasin de Novossibirsk a être doté d'escaliers roulants. Rénovations prévues après que l'immeuble ait été vendu par la ville à des investisseurs privés (pour 1,2 milliard de roubles en novembre 2007).

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Panorama hivernal (décembre 2007) pris au-dessus de la place Karl Marx montrant le bâtiment du Goum et, à sa gauche et plus en avant, le récent immeuble de bureaux et de commerces « Tournesol » (торгово-офисный комплекс «Подсолнух», пл. К. Маркса, 1). A l'arrière, de nouveaux immeubles sont en construction


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(photo de droite © http://nskstreets.narod.ru/)

Non loin de la place Karl Marx, aujourd'hui cachée derrière des maisons le long de la rue Vatounine, cette tour fut en son temps l'un des points de repères les plus remarquables de la rive gauche (башня телекомпания НТН, бывшая водонапорная башня, ул. Ватутина, 29/1). En effet, c'est à la fin des années 1930 que fut édifié, au milieu d'un vaste terrain où on cultivait jusqu'alors la pomme de terre (la place K. Marx ne fut aménagée qu'au début des années 1960) cet immense château d'eau en béton (30 mètres de haut, 20 mètres de diamètre, capacité de 500 m3) qui devait alimenter en eau potable le combinat de construction de machines agricoles et les habitants de ce quartier. Cet ouvrage devint rapidement un point d'orientation connu de tous et le terminus de nombreuses lignes de transport de la ville. Avec le temps, des immeubles plus haut encore furent élevés tout autour et la tour perdit à la fois son rôle de point de repère et, avec la réorganisation du système de distribution d'eau, sa fonction première de réservoir. Puis ce fut une organisation de la jeunesse qui hérita du bâtiment jusqu'à l'époque de la perestroïka, après laquelle des entreprises privées prirent possession des lieux, parmi lesquelles la compagnie de télécommunications NTN (on peut encore voir son logo sur la porte). Le bâtiment a récemment été classé à l'inventaire des monuments historiques.

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Le château d'eau au milieu de champs de pommes de terre, fin des années 1950


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En descendant la rue Vatounine depuis la place Karl Marx en direction du quartier Lénine, à main gauche, on pourra parcourir le parc de la Gloire et voir notamment, au bout du très large boulevard, le mémorial élevé en l'honneur des soldats sibériens décédés lors de la Grande Guerre patriotique 1941- 1945 (мемориальный ансамбль «Подвигу сибиряков в Великую Отечественную войну 1941-1945 гг» (монумент Славы)). Ce complexe monumental, qui s'étale sur une surface de deux hectares, est une réalisation collective d'A.S. Tchernobrovtsev, des architectes M.M. Pirogov et B.A. Zakharov et du sculpteur B.L. Ermichine (auteur de la « Mère-patrie éplorée » – скульптура Скорбящей Матери) et, construit en quelques mois par les komsomols de l'usine Sibelmach, il a été inauguré en novembre 1967.

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(photo © http://novosibirsk.boom.ru et service de presse de la mairie de Novossibirsk)

Ce mémorial est constitué d'une vaste place des fêtes rectangulaire ornée sur son côté est par cinq (le nombre d'années que dura la guerre) monolithes de 10 mètres de haut gravés sur une face (chacun représentant une étape cruciale de la guerre : l'appel au combat, l'appui de l'arrière, les assauts, la victoire et enfin la paix) au pied desquels ont été placées des stèles dont les urnes renferment un peu de la terre des champs de bataille (Elnya, Borodino, Mamaïev...) auxquelles ont participé en première ligne les forces armées venues de Sibérie. Derrière les monolithes, au milieu d'une petite place dite des Regrets et de la Tristesse (площадь Скорби и Печали, Памяти и Покоя), repose le tombeau du soldat inconnu devant lequel brûle la flamme éternelle que contemple la Mère-patrie éplorée (Вечный огонь и могила Неизвестного солдата- сибиряка). Cette flamme a été allumée par le fourneau de l'usine métallurgique Tchkalov qui a fonctionné à plein régime durant tout le conflit, puis a été transportée jusqu'au square des Héros de la Révolution (où l'on peut voir un autre type de flambeau) et enfin amenée ici à bord d'un véhicule blindé. Face à cette placette, les monolithes portent les noms de famille de quelques 30 000 combattants de Novossibirsk et de sa région qui ont péri sur le front pendant ces années sombres. Tout autour, des bouleaux et des sapins. Le 9 mai 1970 fut ici installé le poste de garde n° 1 réservé aux pionniers et komsomols méritant (la tradition se perpétue encore de nos jours avec un service quotidien — jours fériés compris et toute l'année — d'estafette qui emmène à tour de rôle les meilleurs écoliers de la ville monter la garde). La visite et la photo devant la flamme éternelle est également très populaire parmi les jeunes mariés.

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En 1985, pour le 40e anniversaire de la Victoire, a été emménagée à 400 mètres de là au milieu du parc l'Allée de l'armement (Аллея оружия) où sont présentés les principaux modèles de la technique militaire de l'époque (blindés, canons, avions...). En mai 2000, un autre monument a fait son apparition près du mémorial : un glaive de 18 mètres de haut symbolisant l'unité entre les forces du front et de l'arrière, sculpture également conçue par Alexandre Tchernobrovtsev (памятник-меч единству фронта и тыла). Cinq ans plus tard, toujours en ce lieu, on inaugurait l'Allée des héros de l'Union soviétique décorés de l'ordre de la Gloire et originaires de Novossibirsk ou de sa région ornée de dalles en granite rouge polies portant 279 noms (Аллея Героев Советского Союза и полных кавалеров ордена Славы). Enfin, installées plus récemment derrière les bouleaux à proximité de la flamme éternelle, on peut encore voir deux stèles qui honorent les victimes des guerres en Afghanistan (1979-1989) et en Tchétchénie (période 1994-2001).


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Char moyen T-34/85, modèle 1946 (средний танк Т-34-85)

Le T-34 est un char moyen entré en service en 1940 au sein de l'Armée rouge. Il constitue à l'époque un remarquable équilibre entre les trois facteurs majeurs qui définissent la qualité d'un blindé, à savoir : la puissance de feu, la protection et la mobilité. Cette réussite en fait l'un des atouts de l'Union soviétique face à l'invasion de la Wehrmacht. Celle-ci devra d'ailleurs, pour le contrer, revoir sa politique de conception de blindés en mettant au point, par exemple, le Panzer-V Panther, qui empruntait une partie de ses caractéristiques techniques au T-34. Bien que rapidement dépassé lui même par les productions étrangères, le T-34 va tout de même rester en production de 1940 à 1958, avec un total d'unités produites estimé à 84 070 exemplaires, ce qui en fait le second char le plus produit de tous les temps, derrière les T-54 et T-55.
Image Descendant des chars rapides BT conçus par l'équipe de I. Kochkine à Kharkov, le T-34 introduisait de nombreuses innovations technologiques, comme l'utilisation d'un moteur diesel en alliage d'aluminium, des chenilles larges, et des plaques de blindage inclinées sur tout le pourtour. Il n'était pas exempt de défauts, au demeurant, avec par exemple sa tourelle biplace et son manque de matériel de transmission, qui rendait son emploi tactique assez primaire, et provoquait de nombreuses pertes, mais aussi une fiabilité mécanique discutable. Mais comme son équivalent américain le Sherman M4, il montra une capacité d'évolution certaine, et surtout une facilité de construction qui le rendait disponible en très grand nombre, ce qui lui assura une longévité exceptionnelle, 27 pays l'utilisant encore en 1996. Son influence sur le développement des chars de combat fut aussi certaine, car il est souvent considéré comme un des chars ayant servi à définir le concept de char de bataille principal.

Le T-34/85 est une variante à blindage renforcé (20 à 75 mm) du T-34/76 équipée du canon S53 de 85 mm et produite en masse à partir de janvier 1944 (17680 exemplaires au total). Ce modèle sera également produit sous licence en Tchécoslovaquie (3185 exemplaires entre 1952 et 1958 ) et en Pologne (1380 entre 1951 et 1955).

Employé en masse dans l'Armée rouge pendant toute la Seconde Guerre mondiale, l'usage du T-34 ne cessa pas avec la fin de la guerre : il constitua le char de combat principal du Pacte de Varsovie jusqu'à l'arrivée en nombre du T-54 et fut employé lors de nombreux conflits comme la guerre de Corée, les guerres israélo-arabes jusqu'en 1973, de nombreux conflits en Afrique et même la guerre de Bosnie pendant les années 1994 et 1995, 50 ans après sa mise en service.

Caractéristiques du T-34/85 : équipage 5 hommes, masse 32 tonnes, L/l/h 8,15 m/3 m/2,72 m, canon S53 de 85 mm 56 coups + 2 mitrailleuses DTM, moteur diesel V-2-34M de 520 cv, vitesse 50 km/h sur route, autonomie 300 km.

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Lance-roquettes en rafale BM-13 « Katioucha » monté sur plate-forme ZiS-6 (132-мм реактивный миномет БМ-13 «Катюша»)

La Katioucha, diminutif de Catherine en russe, est le surnom donné par les Soviétiques (d'après une chanson très populaire de l'époque) à un lance-roquettes en rafales de la Seconde Guerre mondiale. Surnommé par les Allemands « orgue de Staline » (Stalinorgel) à cause de ses caractéristiques, elle consistait en un camion tirant des roquettes en rafales. Plusieurs batteries de Katiouchas étaient généralement alignées, dans le but de créer un tir de barrage et de destruction très important. Leur formidable puissance de feu était néanmoins compensée par une forte imprécision du tir.

Image Il existe deux versions de ce lance-roquettes en rafale, le BM-8 de 82 mm et le BM-13 de 132 mm (BM pour Boyevaïa Machina – véhicule de combat). Chaque camion (initialement des ZiS-5/6 puis, plus tard, des tracteurs STZ-5, des camions Ford, GMC, International, Studebaker, des jeeps et d'autres véhicules encore) comportait entre 14 et 48 lanceurs. Les roquettes du système BM-13, appelé RS-132 (RS pour Raketnyi snariad ou roquette auto-propulsée) étaient d'une hauteur de 1,8 m, de 132 mm de diamètre et d'un poids de 42 kg. Les roquettes étaient lancées par un propulseur solide à base de nitrocellulose disposé dans le moteur en acier de la roquette. La roquette était stabilisée par des ailerons cruciformes formés par de la tôle d'acier. L'ogive explosive, pouvant être à fragmentation, était hautement explosive et d'un poids d'environ 22 kg. La distance de tir des Katiouchas était d'environ 5 km.

Les Katiouchas sont la réponse soviétique aux Nebelwerfer et Panzerwerfer allemands. Les travaux sur l'artillerie soviétique commencèrent en 1938 et le déploiement des BM-8 de 82 mm a été approuvé le 21 juin 1941. Le 14 juillet 1941, une batterie d'artillerie expérimentale de sept lanceurs sera utilisée pour la première fois dans un combat contre l'armée allemande à Orcha en Biélorussie sous le commandement du Capitaine Flerov. Les huit premiers régiments de Katioucha (36 lanceurs dans chaque unité) furent créés le 8 août 1941. Une version améliorée appelée BM-13N (N pour « normalisé ») sera développée en 1943, et il sera produit plus de 1800 lance-roquettes de ce modèle jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le Katioucha a été créé conjointement par Gueorgui Erikhovitch Langemak et Sergueï Korolev. En 1937, Langemak sera emprisonné, torturé, jugé sur de faux griefs puis exécuté. Sergueï Korolev eut un destin similaire et échappa à la mort dans un goulag soviétique, mais reviendra plus tard pour mener le programme spatial russe. Le terme Katioucha est devenu générique pour désigner les lance-roquettes d'origine soviétique ou s'en inspirant. L'URSS exportera des Katiouchas dans un grand nombre de pays. On le retrouvera encore dans le conflit israélo-libanais de 2006.

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Chargement de roquettes sur le BM-13 « Katioucha »


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Canon lourd automoteur ISU-152 (тяжёлая самоходно-артиллерийская установка на базе танка ИС)

Le premier transport d'artillerie lourde sur chenille des russes fut le SU-152 conçu par le bureau de conception de l’usine de machinerie lourde de l’Oural. Il apparut pour la première fois en 1943, juste à temps pour participer à la bataille de Koursk contre les panzers allemands (Tiger, Panther, Elefant). Il était monté sur un châssis de KV-1. Quand on remplaça la série KV par la série IS, il devint l'ISU-152 (plus de 3000 exemplaires construits jusqu'en 1947).

Image Ce canon automoteur était une évolution du char de combat JS-2 Josef Staline et était équipé du puissant canon de 152 mm. La présence de ces pièces d'artillerie dans les unités blindées soviétiques augmentaient leur puissance de feu sans avoir besoin de canons conventionnels tractés. Si ces véhicules ISU avaient un défaut, c'était le manque d'espace pour ranger des munitions à l'intérieur. Ils devaient être approvisionnés par des transports blindés tout au long de leur avance sur les champs de bataille ce qui n'était pas toujours facile. La puissance de feu de ces engins était capitale et ils furent utilisés longtemps après la guerre. Les premières unités russes à pénétrer dans Berlin furent des unités de ISU-152 qui utilisèrent leurs Howitzer pour annihiler les points forts allemands à courtes distances et nettoyer le chemin pour atteindre le centre de la ville.

L'ISU-152 était aussi un excellent tueur de chars. Dans la plupart des cas, les coups au but de l’obusier ML-20S étaient fatals pour les chars allemands. Les statistiques indiquent qu’un obus semi-perforant pouvait pénétrer 82 mm de blindage à 1000 mètres. De plus, l’obus avait un poids de 48 kg, et l’impact d’une telle masse suffisait parfois à faire éclater les joints de soudures des plaques de blindage. En retour, il était très dur de le détruire à cause de son épais blindage de 75 mm. Il était servi par un équipage de 5 hommes à bord. Ce mastodonte, armé de l'obusier M-37 (ou ML-20) de 152 (vitesse initiale de l’obus 650 m/s), équipait les régiments de canons d’assaut lourds. Au début, le SU-152 n'était pas équipé de mitrailleuse pour sa défense rapprochée mais, durant sa production, un mitrailleuse lourde de 12,7 mm fut installée sur le toit de la superstructure. Longueur 9,05 m, poids 46,50 tonnes, portée de tir 9000 mètres.

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Blindé soviétique canon automoteur et tueur de chars ISU-152


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Canon antichar ZiS-2 (57-мм противотанковая пушка обр. 1943 г.)

Le ZiS-2 modèle 1943 (produit à l'usine moscovite n° 92 du nom de Staline à partir de juin 1943) était un canon semi-automatique de calibre 57 mm utilisé par les sections antichar des unités d'infanterie et par les unités antichar de la réserve du haut-commandement soviétique. Ce puissant canon se révéla particulièrement efficace contre les chars Tigre et Panther allemands.

Le canon antichar ZiS-2 était un canon semi-automatique avec un bloc de culasse ouvrant verticalement. Lors du tir, la culasse s'ouvrait et se fermait automatiquement, laissant comme seule tâche au chargeur de placer un obus dans le réceptacle. Grâce à cette caractéristique, la cadence de tir pouvait atteindre 25 coups par minute. L'arrière-train dépliable et le carénage de protection du canon était hérités du canon divisionnaire ZiS-3. Le train de roulement avait des suspensions à ressorts hélicoïdaux, qui permettaient d'atteindre des vitesses de remorquage de 50 km/h sur autoroute, 30 km/h sur piste et 10 km/h en tout-terrain. Le canon pouvait aussi être attelé à un caisson, et tiré par six chevaux. Les ZiS-2s étaient équipés d'un viseur panoramique PP1-2.

Le ZiS-2 fut aussi installé sur quelques véhicules. En 1941, environ une centaine de canons ZiS-2 furent montés sur des châssis de chenillette Komsomolets (tracteur de canon) pour créer le chasseur de chars ZiS-30. Une version du ZiS-2 nommée ZiS-4 fut aussi montée sur le char T-34. En 1941, désireux d'améliorer les performances antichar du T-34, les membres du bureau d'études Morozov expérimentèrent le ZiS-4. Seuls quelques rares exemplaires du T-34-57 furent construits, et utilisés comme chasseurs de chars. L'idée refit surface en 1943, dès que l'Allemagne commença à déployer les Tigre et les Panther lourdement blindés. Encore une fois, seul un nombre limité d'exemplaires fut produit, équipés d'une version profondément remaniée du canon, le ZiS-4M. Bien que le canon à haute vélocité ait une capacité de pénétration de blindage supérieure à celle du canon F-34, le faible poids de ses obus signifiait qu'il ne pouvait pas tirer une munition explosive adéquate pour un usage généraliste. La solution ultime pour ce char fut de dessiner une nouvelle tourelle, permettant l'utilisation d'un canon de 85 mm. Ce modèle fut appelé T-34-85. Le canon ZiS-2 fut aussi installé dans au moins trois prototypes différents du canon d'assaut SU-76 (SU-74, SU-76D et SU-57B). Aucun ne fut mis en production.

Au vu de l'amélioration rapide du blindage des chars, le ZiS-2 perdit rapidement sont intérêt en tant qu'antichar. Dans l'artillerie antichar soviéti- que il fut remplacé au milieu des années 1950 par des canons de 100 mm plus performants. Toutefois, sa petite taille et sa faible masse le firent rester en service beaucoup plus longtemps dans les troupes aéroportées soviétiques. Le fût profondément remanié du ZiS-2 fut utilisé dans le canon antiaérien automoteur aéroporté ASU-57. Ce fut l'amélioration rapide des armes antichar autopropulsées (RPG, missiles) qui signa l'arrêt de mort définitif du ZiS-2.

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Obusier léger tracté M-30 122 mm (122-мм гаубица образца 1938 года (М-30))

Cet obusier léger, développé par le bureau d'études MMZ (usines Motolovikha à Perm) à la fin des années 1930 comme successeur des anciens modèles 09-37 et 10-37, fut produit en grande quantité (plus de 19 260 pièces) entre 1940 et 1955 aux usines de Gorki (Nijni Novgorod) et de Sverdlovsk (Ekaterinbourg). Cette arme fut largement utilisée pendant le second conflit mondial comme obusier divisionnaire destiné à détruire les fortifications de campagne ennemies, l'infanterie et l'artillerie.

Supérieur à l'obusier FH18 de 105 mm allemand du point de vue de la puissance de feu, il était cependant un peu moins précis. La Wehrmacht et l'armée finlandaise utilisèrent d'ailleurs un certain nombre de ces obusiers capturés à l'ennemi. Ils pouvaient être tractés par des chevaux, des camions, des jeeps, des tracteurs d'artillerie légers, voire même par les soldats. Une variante de cet obusier, le M-30S (700 produits), équipa le canon automoteur soviétique SU-122 (monté sur un châssis de char T-34). Le M-30 sera encore utilisé dans de nombreux conflits dans la seconde moitié du XXe siècle (notamment lors des conflits israélo-arabes), ce qui donne une idée de sa valeur au combat. Les chinois produiront une copie sous licence (connue sous le nom de Type 54). Enfin, l'obusier D-30 de 122 mm lui succèdera dans l'Armée Rouge, entré en service à partir de 1960. Caractéristiques : calibre 122 mm, cadence de tir 4 à 6 tirs/min, portée 11,72 km, poids 2450 kg. Servi par une équipe de 8 hommes, il pouvait être opérationnel en moins de 90 secondes.

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Obusier léger soviétique M-30 modèle 1938 tracté et en action


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Avion de chasse Yakovlev Yak-9 (самолёт-истребитель Як-9)

Plus de 16700 Yak-9 furent construits entre 1942 et 1948 (sur près de 36700 Yaks toutes versions confondues, Yak-1/3/7 et 9), ce qui en fait l'un des avions le plus construit au monde.

« Les premiers Yak-9 arrivèrent dans les unités de combat pour participer à la contre-offensive soviétique suivant la bataille de Stalingrad, pendant l'hiver 1943. Il devint rapidement un chasseur majeur de la VVS, au côté du Lavochtkine La-5. Contrairement à ses prédécesseurs, il était relativement équivalent aux Bf-109G et aux Fw-190A, bien que généralement moins rapide il était plus manœuvrable. Contrairement à ce qu'affirment beaucoup de sources occidentales, les Yak-9T ne furent que très peu utilisés pour l'attaque au sol, les soviétiques lui préférant l'Iliouchine Il-2 « Chtourmovik », beaucoup mieux protégé pour ces missions. Ils l'utilisèrent plutôt pour le combat aérien, et en particulier pour la destruction des bombardiers allemands, les obus de 37 mm ayant un effet dévastateur. Le Yak-9 fut entre autre l'appareil du Groupe de chasse Normandie-Niemen et du 1er régiment de chasse polonais. Il servit de monture à de nombreux as soviétiques. Les Yak-9DD de la 236e division de chasse (IAD) fournirent l'escorte aux bombardiers américains qui attaquaient les champs pétrolifères en Roumanie, ils appuyèrent quelque temps les partisans yougoslaves, en opérant à partir de Bari en Italie. »

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Chasseur soviétique Yakovlev Yak-9, années 1940


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La petite chapelle dédiée à Saint-Georges-Victorieux inaugurée en mai 2005 tout au bout du parc de la Gloire, au milieu de l'allée centrale et à l'opposé du mémorial, le long de la rue Rimski-Korsakov (памятник-часовня во имя небесного покровителя русского воинства Георгия Победоносца в парке за монументом Славы, Ленинский район). Construite par la ville et avec l'appui financier d'une société privée, cette chapelle a été par la suite donnée au diocèse de Novossibirsk. Au-dessus de la porte, on peut voir une icône en mosaïque représentant Saint-Georges à cheval terrassant le dragon.


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Image Le cinéma « Le Métallo », qui ouvrit à l'origine en 1932 pour les ouvriers de l'usine Sibmetallstroï située en rive gauche, fut le premier cinéma sonore de Novossibirsk (здание кинотеатра «Металлист», ул. Pимского-Корсакова, 1). Reconstruit à plusieurs reprises, il abrita, des années 1950 jusqu'en 1995, une grande salle de 1000 places et de 7 mètres sous plafond avec un écran panoramique. Après sa privatisation en 1991, le cinéma ferma sa grande salle en 1995 pour travaux de rénovation et les séances eurent lieu, jusqu'en 2005, dans une petite salle annexe de 90 places. Incapable d'assurer financièrement la survie de l'entreprise, le propriétaire décidait finalement de louer le local pour y loger des bureaux de sociétés commerciales et d'ouvrir un parking payant à proximité. Il existe depuis 2005 un projet de reconstruction du site avec de nouveaux immeubles d'habitation bâtis autour d'un multiplexe moderne. Pour bientôt ?

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(à suivre...)

nono

Messagepar nono » mar. janv. 22, 2008 2:05 am

Bon Bill c'est quand que tu édites ta collection " Les villes de Russie" :?:

Beau boulot, comme d'hab :!: :wink:

Bill

Messagepar Bill » dim. févr. 03, 2008 5:21 pm

Voilà, juste pour dire que l'intégralité des mes photos de Novossibirsk sont (enfin !) désormais commentées. Accessibles à partir des pages de l'album :
- Page 1
- Page 2
- Page 3
Faut pas être pressé... :)

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Candy
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Messagepar Candy » dim. févr. 03, 2008 8:54 pm

Merci BILL
Mille fois MERCI
Un régal cette balade =D>
Tu nous permets de voyager et de connaître d'autres villes
Rien que pour ça
:heart:

Bill

Messagepar Bill » sam. déc. 27, 2008 6:55 pm

Cette sixième partie a été éditée ce jour et complétée par l'ajout de nouvelles images prises en juillet 2008.

pauleau
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novossibirsk

Messagepar pauleau » lun. avr. 13, 2009 11:37 pm

Un grand merci pour cette excellente présentation et pour les très belles photos.

je suis en correspondance avec un établissement scolaire de cette ville et je souhaitais des informations. C'est fait! un excellent tremplin.
Mais je suis retraitée.
Si parmi vous , il y a des enseignants prêts à entamer une correspondance scolaire ou des francophones susceptibles d'entrer en contact avec cet établissement, n'hésitez pas Marina et Maxime sont très ouverts et très dynamiques ; ils organisent toutes sortes de fêtes, compétitions, activités extrascolaires en français et méritent qu'on les aide ; Contact à l'adresse suivante:
fremav arobase ngs.ru

J'ai découvert aujourd'hui "vivre en russie" merci encore!

Bill

Messagepar Bill » lun. avr. 13, 2009 11:56 pm

Bonjour !
On pourrait préciser, pour l'établissement d'enseignement primaire et secondaire en question (qui n'est pas une école à enseignement renforcé en français), qu'il s'agit du gymnasium n° 4 situé au n° 35 de la rue Sibirskaïa.

Maxime (Lavrentchouk) et Marina (Rezanova) sont deux enseignants de français dans cet établissement.

Tél/fax : (383)-221-25-23

site officiel : http://www.g_4.edu54.ru/

pauleau
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Messagepar pauleau » mar. avr. 14, 2009 12:03 am

Merci effectivement d'avoir -si rapidement - précisé les coordonnées et les noms des enseignants.

faut-il ajouter que ces deux enseignants dynamiques écrivent un excellent français?

anne marie

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Re: Novossibirsk (Partie VI)

Messagepar marianne » jeu. sept. 27, 2012 1:39 pm

merci mille fois pour ces photos et l'excellent commentaire
cette ville me fut maintes fois vanter par mon amie Mila Anthonenko professeur de francais allemand à Novossibirsk
je n'ai plus de nouvelles y aurait il un moyen de la retrouver? MERCI à l'avance

Ridder
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Re: Novossibirsk (Partie VI)

Messagepar Ridder » jeu. oct. 04, 2012 5:20 pm

L'architecture soviétique est horrible. Les immeubles d'habitation me font peur, tant ils sont laids.
Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaitre. (Sacha Guitry)

marianne
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Re: Novossibirsk (Partie VI)

Messagepar marianne » mar. oct. 09, 2012 12:29 pm

les photos et les commentaires sont superbes
vivez vous à Novossibirsk? je suis à la recherche d'une amie ancien prof de francais allemand ayant fait ces études à l'institut pédagogique de Novossibirsk
pouvez vous me coseiller?merci Maud Bourseau


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